La télévision publique grecque rend l’antenne

La date du Mardi 11 juin restera dans les mémoires comme un jour sombre pour la presse grecque. À la stupéfaction générale, le gouvernement a annoncé et immédiatement mis en application, la fermeture des chaînes de la télévision et radio publiques ERT. La Grèce devient ainsi le premier pays européen sans chaîne publique.

arrêt de la diffusion des chaines de l'ERT

arrêt de la diffusion des chaines de l’ERT

Les dernières minutes de la télévision publique… par francetvinfo

Il est un peu plus de 23 heures lorsque les trois chaînes de télévision et des radios du service public de l’audiovisuel grec ont cessé d’émettre. Sur les plateaux, les journalistes se sont levés et se sont salués. Certains ont vu leur programme coupé en plein milieu. Les écrans sont alors devenus noirs et le message « no signal » est apparu (la police ayant neutralisé le principal émetteur situé sur les collines aux alentours d’Athènes).

Cette décision a été prise par la Nouvelle Démocratie du Premier Ministre Antonis Samaras, sous la pressions de ses bailleurs de fonds internationaux. Le gouvernement, justifie cette fermeture soudaine en accusant les chaînes publiques « d’absence de transparence et de dépenses incroyables ». Sa suspension devrait donc permettre aux contribuables d’économiser de l’argent. 2700 employés dont 677 journalistes ont été licenciés.

Résistance sur le web

Mais les journalistes d’ERT n’ont pas dit leur dernier mot. Privés de leurs moyens traditionnels de diffusion, les salariés ont décidé de garder actifs les supports officiels de la chaîne sur internet. Le site fonctionne normalement, seul le service qui permettait de regarder la télévision en live n’est plus disponible. La WebTV est toujours active et utilise Youtube pour diffuser ses reportages et ses émissions. Les journalistes poursuivent également leur travail sur les réseaux sociaux, comme par exemple sur Twitter.

Une vague de protestation

Par solidarité avec leurs collègues, les chaînes privées ont arrêté de diffuser des journaux. Les journalistes grecs ont également décidé de se mettre en grève pendant 24 heures, renouvelable si nécessaire. Les syndicats grecs du privé et du public, GSEE et Adedy, qui qualifie cette décision de « coup d’État », ont appelé à une grève générale de 24 heures jeudi 13 juin.

Afin de calmer cette vague de protestation le gouvernement vient d’annoncer un projet de loi pour « une nouvelle radiotélévision grecque ». Le porte parole du gouvernement grec, Simos Kédikoglou a promis, le lendemain de la fermeture de la chaîne, qu’une version réduite de l’ERT devrait être créée. Il s’agirait d’une société anonyme publique appartenant à l’État, nommée Nerit, qui disposerait, selon Kédikoglou, « d’une indépendance rédactionnelle et de programmation ».

Cécile Mantovani

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